Au bout de ma rue

Au bout de ma rue, MontréalEnlever l’escalier métallique qui servait d’issue de secours n’avait pas suffi. Il fallait montrer à ces squatteurs de quel bois  le propriétaire se chauffait!! Lui -au moins- avait quelque chose pour se chauffer, remarque! Alors on avait appelé le Barricadeur, qui ne pouvait pas mieux porter son nom, plein de rrrrrs, avec une belle écriture qui semblait dire : « avec moi c’est du sérrrrieux ».

Ainsi barricadée, la veille maison laissait déborder ses mauvaises herbes sur le trottoir, échappait à l’occasion un ou deux morceaux de sa structure vacillante, visant ainsi quelque chien qui lui pissait dessus. Telle une sentinelle sans rien à défendre, elle n’attendait que la neige, pour que, telle un masque, elle lui cache ses rides.